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POLYNESIE
Rurutu - Bora Bora - Moorea
 

Le kama-sutra des baleines...

 

©
2004 Alexis Rosenfeld

Extrait de l’article "Le Sexe sous la Mer" paru dans le
magazine Ca m’Intéresse

 

La plongée doit rester un loisir...


Le monde de l'eau
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24-oct-08 23:21

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Les mammifères marins n’émettent pas de phéromones dans l’eau, ces molécules attractives pour l’autre sexe. Alors la séduction consiste en danses, sauts, postures et gestes des bras, attouchements et chants d’amours. Peut-être même que les cétacés ont développé leurs extraordinaires facultés vocales afin de trouver et de communiquer avec les femelles. Dans l’eau, les sons se propagent beaucoup mieux que dans l’air : les sons d’une fréquence de 20 Hertz ne perdent que 3 décibels en parcourant 9000 km. Ils dépendent de la température et de la salinité de l’eau. Au sein de la mer, apparemment unie, circulent des courants de température et de salinité différents, véritables "fibres aquatiques" d’un Internet marin. Le haut débit : entre 800 et 1000 m. de profondeur, ce qui permettrait à ces animaux de communiquer d’un pôle à l’autre !

Trois positions amoureuses existent chez les cétacés. Les deux amants sont couchés sur le côté, en plongée, ventre à ventre. Une position décrite par Aristote lui-même, il y a des siècles. Où alors, la femelle nage sur le ventre en surface, et le mâle à l’envers, sous elle. La femelle guide alors son gros mari marin en l’enserrant dans ses longues nageoires pectorales. S’ensuivent tapes et tendres coups, et toute une collection de caresses et de baisers chargés de bernacles. Quelques cas ont été observés d’accouplement frontal, les deux animaux debout à mi-surface. Mais le rapport n’est pas toujours réussi : en Basse Californie Philippe Cousteau a ainsi observé en surface, une grande tâche mousseuse de 35 m. de diamètre, sperme qu’un mâle précoce avait répandu à la suite d’un essai raté…

Tout n’est pas toujours aussi doux chez les géants des mers. L’océanographe Sylvia Earle qui a longtemps étudié les baleines à bosse autour de Hawaï a observé que les mâles produisent un nuage de bulles autour de la femelle convoitée, en une sorte de voile symbolique. Si d’autres mâles s’approchent tout de même, de violents combats se produisent : coups de tête, coups de queue en surface, et collisions qui occasionnent de profondes blessures dans la peau fragile des cétacés en raison de la présence des bernacles, coquillages parasites, très durs.

Si le rorqual boréal semble monogame, le cachalot est un macho à la jalousie féroce qui se réserve toutes les femelles de son harem. Les autres mâles ne peuvent que suivre, attendant une défaillance passagère du Rocco des mers qui par ailleurs fait l’amour toute l’année.

L’accouplement se déroule de manière acrobatique, sans aucun appui. L’érection du mâle est soudaine. Son long pénis rosé, fibreux et élastique se déroule de sa position en S pour venir trouver la vulve de la femelle. Le rapport ne dure au plus que 30 secondes, le plus souvent à l’aube. Au réveil du monde, en quelque sorte... Les parties génitales de la femelle baleine ressemblent à s’y méprendre à celles de la femme, si ce n’était la taille : le vagin mesure plus d’1m40. La femelle est également pourvue d’un clitoris court (enfin, tout est relatif) et recourbé, ce qui prouve la réalité du plaisir sexuel chez ces géantes pour ceux qui en douteraient…

Il est presque de règle que la femelle soit courtisée par plusieurs mâles. Souvent, c’est la femelle qui décide, en fonçant vers le mâle qu’elle a choisi, donnant à ce dernier un avantage considérable. Un autre mâle est souvent présent, et bon prince, pratique le triolisme en donnant un appui à la femelle conquise. Chaque accouplement se termine par de grands frissons d’orgasme au milieu des tourbillons d’écume...

© 2003 Francis Le Guen