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Destinations / Atlantique / Brésil, Mato Grosso
 
Le titre de l'épisode
Mato Grosso do Sul - BRESIL
 
 
etoile
 
 
 
Au cours de cette émission, nous découvrons comment évoluer dans de très basses profondeurs sans détériorer la végétation, et même sans palmes. Francis nous explique également comment éclairer sous l'eau en plongée de nuit.
 
 
Réalisateur Thierry Robert
Réalisateur sous-marin René Heuzey
Auteur-animateur Francis Le Guen
Producteur exécutif et son Nicolas Zunino
Eclairagiste sous-marin Marie-Ange Ostré
 
 
    
 

Le monde de l'eau
© Carnets de Plongée 2003 - 2005
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24-oct-08 23:24 Webmaster : Marie-Ange Ostré
Quand Orly se noit sous la neige ...

Ah Salvador de Bahia… Ah, le Brésil !!! Un fantasme pour ceux d'entre nous qui ont pourtant déjà vu beaucoup…

Encore faut-il pouvoir quitter Paris…

Ce jour-là, nous avons rendez-vous avec toute l'équipe à Orly Sud, à midi. Décollage prévu à 15:00, une courte escale à Madrid puis un vol de nuit direction Salvador de Bahia, première étape de notre fantastique périple brésilien qui doit nous conduire au Mato Grosso do Sul puis à Paraty et enfin sur l'archipel de Fernando de Noronha. Nous en rêvions, nous le faisons !

Nous sommes tous là, enthousiastes : Francis, Marie-Ange, Nicolas, René, et Cathy qui sera notre guide sur place. Nous sommes tous là avec des montagnes de sacs, de flight cases, de caisses sur les chariots… et pourtant, nous voyageons léger !

Mais en ce 3 mars 2005, ce jour-là précisément, il neige sur Paris ! Oh, trois fois rien : juste de quoi mettre la ville sens dessus dessous… Et nous, nous sentons bien que ce n'est pas un jour comme les autres : Orly est plein à craquer, des files interminables à chaque comptoir, l'ambiance générale est électrique, on entend des éclats de voix par-ci par-là,... Une fois que nous en avons fini avec les formalités d'enregistrement de nos 3 ou 400 kg d'équipement, la palme revenant à René avec son caisson et les éclairages sous-marins, nous allons grignoter un morceau en attendant le départ…

On sent bien quand une journée va basculer. C'est le cas de celle-ci !

15:00, la neige a bloqué les pistes, il n'y a plus un seul vol qui décolle au départ de Paris. Roissy et Orly sont totalement saturés, on nous propose un départ vers 18:00… Qui nous fait rater notre correspondance à Madrid et donc notre correspondance à Salvador et donc notre correspondance à Brasilia puis à Sao Paulo… Nous avons quatorze jours pour ramener deux épisodes, incluant les temps de transport considérables pour sillonner ce pays grand comme 17 fois la France ! Le planning de tournage est très serré, on ne peut pas se permettre de perdre une seule journée… Toute l'équipe de production est sur le coup, mais impossible de trouver un autre vol aujourd'hui !!!

21:00 Orly Sud : notre vol de 15:00 aurait du décoller à 18:00 puis à 21:00… Nous avons écumé toutes les boutiques de duty free, tous les cafés, toutes les librairies… Bref, il n'y a plus un seul recoin d'Orly qui nous soit inconnu. Nous nous installons à une table d'un restaurant blafard pour dîner de sandwiches et de croque-monsieur, nous ne le savons pas encore mais ce sera notre régime pour les 48 heures à venir… Rentrer chez nous ? Ce serait abandonner et risquer de foutre en l'air 2 épisodes de Carnets de Plongée… Non, impossible !!!

Salvador de Bahia, la légendaire, se fait attendre…

Alors on attend… Tout le monde nous croit partis, mais nous, nous sommes là, toujours à Orly et dans l'incertitude totale quant à notre départ : Lost in Translation… Carnets de couloirs d'aéroport !!!

23:45 : l'aéroport doit fermer à minuit, quelques vols ont décollé en début de soirée mais plus un seul décollage n'est prévu avant demain matin… Les passagers du vol de 15:00 maintes fois retardé commencent à se regrouper dans la salle d'attente et des propos un peu vifs s'échangent entre des businessmen motivés et l'équipe au sol de la compagnie aérienne lorsque nous comprenons que l'avion ne décollera pas. Pour nous c'est une catastrophe, nous perdrions deux jours de tournage sur place ! Devant le courroux grandissant des passagers, la compagnie aérienne décide soudain que le vol fraîchement arrivé de Madrid peut redécoller immédiatement. Nous voyons les passagers sortir de l'appareil, passer devant notre aquarium vitré d'où nous les observons en les encourageant mentalement à plus de célérité avant que l'aéroport n'interdise le décollage, puis on nous embarque à toute vitesse, à 23:55. L'embarquement le plus rapide que j'aie jamais vu nulle part dans le monde !...

Minuit cinq… Nous décollons enfin en nous sentant quelque peu privilégiés par rapport aux centaines de passagers qui attendent toujours à Orly que les vols soient réorganisés ! Nous rions entre nous d'un soupçon d'inquiétude en nous demandant si cet avion est bel et bien prêt à redécoller aussi vite et s'il n'est pas trop dangereux d'avoir ainsi un peu forcé la main de la compagnie ?!... L'équipe de production nous a réservé en toute hâte un hôtel pour passer la nuit à Madrid où nous atterrirons deux heures plus tard. Ils nous ont trouvé des sièges disponibles sur le premier avion du matin qui doit quitter Madrid pour Salvador de Bahia, notre première escale au Brésil… Ensuite ce sera un vol pour Sao Paulo via Brasilia, puis un autre vol vers Campo Grande et un mini-bus nous fera faire de nuit les 400 km nous séparant encore de Bonito, au coeur du Mato Grosso. Un trek interminable ! Mais le Mato Grosso se mérite.

Nous passerons ces deux heures de vol entre Paris et Madrid à réorganiser le planning de tournage de l'épisode Mato Grosso : pour ne pas handicaper le planning des deux épisodes, il ne nous reste que 4 jours au Mato Grosso, là où nous avions pourtant prévu de tourner les images les plus saisissantes de cette destination peu connue des plongeurs. Quatre pauvres petits jours pour réaliser un épisode au fin fond du Mato Grosso do Sul, avec des plongées en grottes noyées et des plongées de nuit... Une broutille !!!

Et pourtant, nous l'avons fait !...

Thierry Robert
Réalisateur